Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 11:47

 

Le Neurologue Oliver SACKS - Neuropsychologue

Du jour au lendemain, Christina, une jeune femme de 27 ans, titube, trébuche, fait tout tomber. Elle ne ressent plus son corps en mouvement. Elle est comme une marionnette désarticulée. Oliver Sacks diagnostique une polynévrite, une infection aiguë des récepteurs sensoriels des nerfs. Son sixième sens, la "proprioception" révélée en 1906 par le neurologue britannique Charles Scott Sherrington, est condamné. Grâce à lui, nous ressentons notre corps, contrôlons nos gestes, traversons la rue sans nous faire écraser, du fait du "flux sensoriel continu" traversant nos muscles, nos tendons, nos articulations. Le sixième sens, ou comment éprouver être son corps.

Oliver Sacks a raconté l'histoire de Christina dans L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau ("La femme désincarnée", Seuil, 1988). Il écrit : "En perdant la proprioception, Christina perdait l'ancrage organique fondamental de son identité." Son cas relève pour lui de la "neurologie existentielle" qu'il entend développer. Neuropsychologue, il pense que toute pathologie du système nerveux, comme toute maladie grave, affecte la personne entière, sa manière d'être, et induit une crise psychologique. Plus : ontologique.

Oliver Sacks a éprouvé dans sa chair ces bouleversements et les a décrits dans Sur une jambe (Seuil, 1986). Fuyant un taureau lors d'une promenade, il se rompt le tendon du quadriceps de la cuisse. Recousu, il suit une rééducation, mais n'arrive plus à marcher. Chaque pas lui provoque des vertiges. La nuit, il rêve que son corps est "troué". En neurologue, Sacks imagine que son cerveau a été touché. Mais non. Il comprend alors que son "imagerie corporelle", sa personnalité, a été atteinte, comme le suggèrent les travaux d'Alexandre Luria, son mentor.

Luria (1902-1977) est, avec Lev Vytgovski (1896-1934), une des figures de l'école russe de neurologie, censurée sous Staline. Tous deux sont considérés comme les pères de la neuropsychologie. Alexandre Luria, qui s'est fait connaître pour son étude sur un patient atteint d'un prodigieux don de mémoire (Je suis un phénomène, adapté au théâtre par Peter Brooks en 1998), a correspondu avec Sacks pendant deux ans. Dans ses livres, ses lettres, il explique que des "syndromes de perte de corps" sont courants après un accident. Le malade éprouve comme "une tache aveugle" dans la perception de lui-même. Le sixième sens est affecté. Car "le corps, écrit-il à Sacks, est une unité constituée d'actions. (...) Lorsqu'une partie n'agit plus, elle devient "étrangère"". De ces sensations d'aliénation, les médecins se désintéressent. Ne considérant pas le vécu des patients, ils développent une "médecine vétérinaire". De plus, pour Luria, la psychologie elle-même a régressé depuis la fin du XIXe siècle. Elle est devenue "sèche", "statistique", dogmatique. Elle a perdu "l'art de l'observation" des grands psychiatres "littéraires" qu'étaient Jean-Martin Charcot, précurseur de la psychopathologie, Gaétan de Clérambault, fameux pour ses études sur la passion des étoffes, Jacques-Joseph Moreau de Tours et ses écrits sur le haschich et l'aliénation mentale. Alexandre Luria, lui, veut réconcilier la neurologie fonctionnelle et la psychologie, déployer ce qu'il appelle une "science romantique", considérant l'être tout entier : la neuropsychologie.

Oliver Sacks, l'élève de Luria, va guérir de sa jambe d'une manière très romantique. En musique... Un matin, il entend résonner en lui le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn. Chantant, il réussit à faire quelques pas. Dès qu'il arrête, sa jambe cède. Il comprend que la musique lui a rendu sa "mélodie kinésique". Elle lui remémore le propre rythme de sa marche comme "un air familier". "Une grâce." Cette action bénéfique de la musique sur le système nerveux lui confirme que le corps humain ne se réduit pas à l'addition de fonctions et d'organes. C'est un ensemble enchevêtré et interdépendant d'images psychiques et de programmes physiques, où le Soi résiste. En ce sens, comprend-il, Spinoza a raison sur Descartes : l'homme est un corps-esprit. La preuve : la musique peut saisir le malade tout entier, en exaltant le sujet. Bientôt, les travaux du neurobiologiste Antonio Damasio, l'auteur de L'Erreur de Descartes. La raison des émotions (Odile Jacob, 1995) vont enrichir ce type de recherches. Sacks reviendra sur la "neurologie existentielle" dans Musicophilia (Seuil, 2008) consacré à la musicothérapie, qui commence par un récit de guérison aux rythmes d'une gigue irlandaise.

Aujourd'hui, la médecine a entendu le message des "médecins romantiques". La psychologie clinique devient un cursus complémentaire des spécialités, une médecine multidisciplinaire se développe, la musicothérapie et l'art-thérapie entrent à l'hôpital. Dans son dernier livre, L'Œil de l'esprit, Oliver Sacks continue ses recherches à travers de nouveaux "contes cliniques" sur l'altération de la vue. Il nous montre l'extraordinaire capacité de malades retournant leurs fonctions lésées, développant leurs autres sens - comme cet aveugle réparant son toit seul, ou lisant en écrivant avec ses mains. Mais pourquoi le font-ils ? Ils veulent retrouver une existence plus riche, redéployer leur personnalité enfermée dans la cage de la maladie. Renouer avec la dimension "romantique".

Frédéric Joignot - LE MONDE
Par Catherine Elleboode
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 15:21

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"La Sagesse n'est pas la méditation sur la mort, mais sur la Vie"

SPINOZA

Par Catherine Elleboode - Publié dans : Créativité
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 20:37
 
En remerciant Monique
Par Catherine Elleboode
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 16:17

 

Ecrire ! On a jamais tant écrit qu'à notre époque ! J'ai envie de vous livrer ma réflexion sur le journal intime...

Je ne prétends pas faire la preuve scientifique qu'un journal intime "guérit"...je ne suis pas médecin....Mais, j'observe depuis quelques temps cette frénésie dont nous sommes tous, ou en tout cas nombreux, à aller écrire quotidiennement sur notre page facebook ou dans notre blog...

D'une certaine façon, c'est une connexion régulière avec soi-même. Quand on prend une pause dans le quotidien pour ouvrir une page blanche et y déposer ses pensées, ses émotions, ses questions... on crée un lien avec sa vie intérieure, donc on a plus de chance d’entendre ce qui s’y passe, de sentir ce qui nous habite et ce qui a de la valeur pour nous...

C’est la déconnexion d’avec la vie intérieure qui cause autant de stress et de malaises dans notre type de société. On agit selon un rôle ou selon des désirs qui n’ont pas de sens pour nous – ou pour ne pas sentir ce que nous sentons vraiment ! Donc on court et on s’essouffle, parfois jusqu’à la maladie.

Ecrire quotidiennement est une pratique d'écrivain. Lorsque j'ai suivi mes cours d'animatrice en atelier d'écriture, c'est un des premiers exercices auquel je me suis "soumis" avec joie : écriture tous les jours à la même heure si possible et dans un cadre plaisant que l'on constate inspirant....

Mettre en mots ses pensées, ses rêves et ses peurs permet non seulement de les clarifier mais de mieux les comprendre...

Une pratique comme celle du journal permet de ralentir la cadence, de se poser en soi pour prendre de meilleures décisions par la suite. On laisse une trace de son parcours dans la matière, on a un fragment de la vie intérieure qui s’est exprimé, que l’on peut observer et avec lequel on peut ensuite interagir... C'est pourquoi il est important de "s'écouter" lorsque l'on écrit et de laisser au papier le soin de se charger de nos problèmes et de s'en libérer l'esprit, d'apaiser nos tensions.

Le journal est aussi très simple d’utilisation et très portatif, ce qui permet d’y accéder n’importe où et n’importe quand. La pratique devient comme une hygiène de vie qui peut avoir des répercussions très positives sur la gestion des émotions, la créativité, les projets, etc.

C'est pourquoi je préconise d'écrire dans un cahier, ou un carnet façon "carnet de voyage". Ecrire ainsi permet de poser à l'extérieur de soi ses questionnements, de mettre de l'ordre dans ses idées, de faire le point...Ce type d'écriture peut se faire seul ou accompagné par un intervenant qui suggère des thèmes permettant d'approfondir un domaine plus précis.

C’est un outil très concret, ce n’est pas que se regarder le nombril ! Et si le résultat est de se sentir plus vivant, plus aligné sur ce qui a du sens pour nous, n’est-ce pas profondément satisfaisant ?

Par Catherine Elleboode - Publié dans : Créativité
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 11:19

   

Alors que ma voiture traverse la fôret...la radio crépite. Ma station favorite est inaccessible. J'attends qu'elle jette tout naturellement son dévolu sur une onde favorable pour exister...Traverser de bon matin la forêt en compagnie du ronronnement du moteur me fait du bien. Un moment doux avec moi-même, si particulier où j'ai la sensation d'être coupée du monde. Paradoxalement il me remplit. Quand soudain...la voix d'Olivia Ruiz vient troubler ce délicieux moment. Un petit rire m'agite... et me sors de mon cocon. Le début de sa chanson m'interpelle " Taille-moi les hanches à la hache"...Waouh ! je suis en fôret et où est la hâche, où est le bûcheron ? où est Olivia ? ...Non, je ne rêve pas ! c'est bien la demande ! ...Je tends l'oreille, aïe ...Oh non...pas ça !

Lorsque je vois, ou écoute cette jeune chanteuse, son petit air effronté me plaît. Un écho à une facette de moi-même et j'admire le talent qu'elle déploît à le montrer. Je me demande en écrivant, si je n'aurai pas dû écrire "j'envie le talent...". Sensibilisée à mon nouvel atelier "La femme en Soi", j'écoute avec attention les paroles qui sortent de sa bouche aux goût de framboise...enfin, c'est ce qu'elle  dit ! Et n'aie pas résistée à porter jusqu'à vous ma réflexion... Un autre regard, une autre Femme...et vous connaissez le slogan préféré ?

Soyons sans jugement et sans à priori ;-)

 Autant de Femmes...autant de regards, de ressentis ... Ecrivez-moi la Femme que vous êtes...et si vous m'y autorisez je publierai sur ce blog...Ânonymement ou  pas ! au choix !

 

Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat
Croque moi la peau, s'il-te-plaît
Croque moi les os, s'il le faut

C'est le temps des grandes métamorphoses

Au bout de mes tout petits seins
S'insinuent, pointues et dodues
Deux noisettes, crac! Tu les manges

C'est le temps des grandes métamorphoses

Au bout de mes lèvres entrouvertes
pousse un framboisier rouge argenté
Pourrais-tu m'embrasser pour me le couper...

Pétris-moi les hanches de baisers
Je deviens la femme chocolat
Laisse fondre mes hanches Nutella
Le sang qui coule en moi c'est du chocolat chaud...

Un jour je vais m'envoler
A travers le ciel à force de gonfler...
Et je baillerai des éclairs
Une comète plantée entre les dents
Mais sur terre, en attendant
Je me transformerai en la femme chocolat...

Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat...    

 

 

 
Par Catherine Elleboode - Publié dans : Développement personnel
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